Yohan Coliaux, directeur des installations sur une plate-forme pétrolière

Dec 27, 2012
Portraits

[[[img src="left" alt="jpg/YColiaux-jpg.jpg" align="" ]] # Racontez-nous vos années d'études, votre parcours professionnel jusqu'à votre fonction actuelle Je suis arrivé en métropole en 2001, l’année avant le bac, pour suivre dans un premier temps un parcours de sportif de haut niveau dans le judo. Durant cette période j’ai concilié sport de haut niveau et études scientifiques pour glaner plusieurs médailles en World cup de judo ainsi qu’à plusieurs championnats de France. Ces résultats m’ont amené jusqu’à une place de réserviste pour les championnats du Monde et d’Europe de judo. En 2005 j’ai été admis au concours d’entrée de l’Ecole Polytechnique. Cette même année, j’ai fait parti des lauréats de la première édition des Talents d’Outre Mer. J’ai ensuite fait une spécialisation à l’Ecole du Pétrole et des Moteurs en 2008, pour finalement commencer ma carrière à PERENCO, compagnie pétrolière indépendante opérant principalement en Afrique de l’Ouest. Depuis 2009 je travaille sur plateformes pétrolières en rotation un mois sur deux. J’ai récemment atteint le poste d’Offshore Field Manager, et m’occupe ainsi de la supervision de l’ensemble des opérations sur un block en production à 16 000 barils/jour au large du Gabon. # Comment avez-vous vécu votre expatriation en Afrique? Plus que l’expatriation en Afrique de l’Ouest c’est le rythme de travail qui m’a demandé de l’adaptation. Nous travaillons par rotations de 4 à 6 semaines 7 jours sur 7 sur des amplitudes horaires d’au moins 12 heures. J’ai à peu près la même période de récupération en France. La culture en Afrique est différente de celle en Europe, mais j’ai été bien accueilli par les salariés locaux pour me mettre à l’aise et dans de bonnes conditions de travail. # Quel est votre regard sur le pays dans lequel vous vivez actuellement? Depuis presque 4 ans que je travaille dans cette zone d’Afrique je vois des évolutions positives, une croissance clairement à la hausse, un potentiel important, mais les efforts et la collaboration économique et sociale avec la France doivent se poursuivre. # Que vous apporte cette expérience de mobilité? Cette expérience de mobilité professionnelle n’est que la suite d’une mobilité entreprise dès l’âge de 14ans, lorsque j’ai quitté le foyer familial pour partir en internat en sport étude à l’opposé de la cote sur la quelle je vivais à l’Ile de la Réunion. Je pense avoir acquis une ouverture d’esprit totale et être capable d’évoluer dans tout environnement. # Quelle est votre perception de la situation socio-économique en Outre-Mer? Notamment concernant le pétrole? On ne peut pas se cacher des difficultés socio-économiques de la Réunion que je connais très bien. A mon sens il manque peu d’éléments pour repartir sur une croissance à la hausse, surement en commençant par faire plus confiance aux jeunes ; il faut également que les entreprises hésitent moins à investir en outre mer. Il n’est plus à démontrer qu’il n’est pas difficile de trouver de la compétence en Outre mer. De par la situation géographique de la Réunion, il n’est pas normal de trouver des prix de carburants de cet ordre de grandeur, les couts de production et de raffinage sont moins couteux dans la zone du moyen orient, d’où proviennent les tankers pour la réunion, qu’en Europe. Il faudrait revoir le mode de calcul du prix à la pompe trop calqué sur celui de la métropole alors que les hypothèses et données ne sont pas les mêmes. # Que pensez-vous des énergies vertes? Les énergies vertes restent inévitablement l’évolution logique des énergies fossiles. Il faut continuer les recherches dans ce domaine pour dépasser le seuil de production marginale. Même si les réserves prouvées des énergies fossiles conventionnelles et non conventionnelles augmentent encore, il arrivera un moment où la demande dépassera l’offre. Atteindre des productions d’énergie alternatives massives sera une des priorités sur les prochaines décennies. # Quel geste faites-vous au quotidien afin de préserver l'environnement, de réduire votre bilan carbone? Préserver l’environnement est ma priorité numéro une dans mon métier avant même d’atteindre les quotas de production. J’ai clairement à l’esprit que le secteur de la production pétrolière n’a pas une image des plus rayonnantes, nous savons tous quelles peuvent être les conséquences dramatiques de la mauvaise gestion d’une usine pétrolière en pleine mer. C’est pourquoi en tant que responsable des installations et représentant pénal de ma société je mets en œuvre toutes les mesures de sécurité à ma disposition pour préserver l’environnement ainsi que la sécurité des personnes et des installations. # Quels sont vos projets actuels? Je compte arrêter mon expérience sur Installation Offshore pétrolière d’ici un an ou deux. A partir de là je pense rester dans le même secteur mais revenir sur un poste plus sédentaire en bureau, très certainement en ‘vraie’ expatriation à l’international. # Avez-vous le temps de pratiquer vos passions, vos loisirs, vos activités sportives? J’ai malheureusement du arrêter ma carrière d’athlète prématurément à 25ans lorsque j’ai commencé mon activité professionnelle. Il y a un moment où il faut faire des choix. Je pratique toujours un peu de judo en loisir lors de mes repos. J’en profite aussi pour voyager régulièrement. # Quel conseil donneriez-vous aux jeunes domiens afin de les motiver à suivre le chemin des Talents de l'Outre-Mer, notamment aux jeunes qui sont en proie à des difficultés dans nos îles? Tout est possible. Il faut juste de la volonté et de la rigueur, savoir se fixer des objectifs et s’y tenir. Peu importe d’où on démarre. # Un film, un reportage à recommander? Le dernier James Bond, skyfall # Votre nourriture favorite? Au sens propre et figuré. Il y en aurait trop, je suis assez gourmand ! # La musique que vous aimez fredonner? Bod Marley # Une devise pour l'Outre-Mer? OSONS ! *Questionnaire réalisé par Yola Minatchy